Test longue durée du nouveau groupe Shimano 105 R7000

Troisième dans la gamme du géant nippon, le Shimano 105 est un groupe fiable qui se place, à chaque nouvelle mouture, comme un produit de plus en plus attractif, et ce pour moins de 700 euros (en version classique à patins). Mais qu’en est-il à long terme ? Nous avons testé la dernière version du 105 sur 5 000 km et dans des conditions difficiles. Le résultat est étonnant.

Par Sylvain Pigeau. Photos : S.P, G.J, 3Bikes et D.R.

Comme à l’accoutumée, les technologies développées sur les groupes haut de gamme (Dura-Ace et Ultegra), sont transposées sur le 105. Restent les matériaux employés pour certaines pièces, moins nobles (pas de titane par exemple), ce qui occasionne une légère hausse du poids. Le but est bien évidemment de faire baisser la facture, sans compromettre les performances.

Ça, c’est dans le texte. Mais qu’en est-il de la qualité et de la fiabilité ? Réceptionné fin 2018, nous avons roulé plus de 5 000 km avec ce nouveau groupe 105, dans des conditions très difficiles de chaleur (tropicale), d’humidité (avec parfois des sorties de 5 h effectuées sous la pluie et sur routes salles), et de froid. L’eau et la terre ne lui ont donc pas été épargnées. Tout comme notre manière de pédaler avec des changements de braquets très fréquents, des croisements de chaine et nous avons même souvent omis de nettoyer la transmission pendant plusieurs jours, histoire d’accélérer l’usure des composants. Rien n’y a fait ! L’indexation n’a pas bougé et aucun bruit n’est apparu.

Les principales nouveautés du groupe

Tout d’abord, les dérailleurs changent notablement. Le dérailleur arrière emploie une nouvelle cinématique, comme ses grands frères et reprend les technologies des modèles VTT (système Shadow). Ainsi, disponible en petite et grande chape, il dispose maintenant d’un encombrement minimal dans toutes les positions de déraillement. Chose rendue possible, notamment, par le nouveau cheminement du câble, qui vient se ranger à l’intérieur, et non plus sur l’extérieur comme précédemment. L’ensemble est compatible Direct Mount et disponible en deux tailles de chape. Nous avions la longue qui peut monter jusqu’à 34 dents quand l’autre alternative se limite à 30. 

Avec la cassette 11-30, le passage est très fluide et précis. Ce qui nous laisse même imaginer que le dérailleur à grande chape est également très efficace sur des cassettes aux dentures moins importantes. À réfléchir à l’achat finalement car comme le dit le dicton : « qui peut le plus peu le moins ». Nous aurions pu utiliser également, dans le cas de cette cassette, de la chape standard. Il y a quatre combinaisons possibles (11-28, 11-30, 11-32 et 12-25) et une 11-34 (compatible pour les corps de cassette sur les roues de VTT).

À l’avant, le parallélogramme a été réduit. Fini le grand bras de levier, le cheminement du câble a légèrement changé mais la précision du changement de plateau est toujours aussi bonne. Moins encombrant, le dérailleur avant permet surtout l’emploi, sans difficultés de pneumatiques de grosse section à l’arrière (plus de 28 mm). Le positionnement avec la vis pointeau (qui vient se poser sur le tube se selle par l’intermédiaire d’une plaquette de protection) est lui toujours d’actualité.

La nouvelle chaine se dote d’un maillon de fermeture SIL-TEC rapide (et à usage unique). Finit donc le légendaire goupillon de fermeture. On coupe la chaine, on place le maillon et on ferme.

Les étriers reprennent le même design que les modèles Dura-Ace et Ultegra ,et donnent une réelle impression de puissance. Bémol toutefois, le levier de fermeture, bien qu’esthétique et plus discret, est difficile à manipuler sous la pluie et dans le froid notamment. À noter qu’une version Direct Mount est disponible.

Du côté des leviers, il n’y a pas beaucoup de changements. L’ergonomie a été revue et les couvre cocottes rainurés permettent de gagner en confort et en grip.

Toutefois, il reste quelques petites pièces proéminentes placées sous les doigts. Cela peut être gênant sous le majeur et désagréable à la longue. Le cheminement des câbles à été simplifié en revanche à l’intérieur de la manette. Ce qui devrait permettre de rendre les opérations de maintenance plus faciles, surtout pour retirer un câble endommagé.

Le pédalier, en aluminium, est lui aussi une déclinaison des concepts des modèles supérieurs. L’étoile est donc à quatre branches, les vis accessibles par l’intérieur. Disponible en 3 combinaisons (50-34, 52-36 et 53-39) et cinq longueurs de manivelles de 160 à 175, l’ensemble est, comme le reste du groupe, présenté en finition noire (notre modèle d’essai) et en satiné argent. Le Q Factor est de 146.

Toujours du côté nouveauté, on note le retour de la version en teinte satiné grise. De quoi ravir les fidèles de la marque et les coureurs lassés des finitions noires, omniprésentes aujourd’hui.

 

Sur la route

Question braquets, nous avons utilisé la combinaison 53-39 à l’avant et la nouvelle cassette 11-30 à l’arrière, avec un dérailleur à grande chape. Outre la précision des changements de vitesse, nous avons été agréablement surpris par la qualité de passage des plateaux. Le plus impressionnant, c’est sur une combinaison 39-30. En actionnant manette de gauche, la chaine passe sans difficulté, comme si elle était au milieu de la cassette. Cette manipulation était souvent difficile sur les groupes des générations précédentes.

Il est possible de rouler avec la chaine croisée sans constater le moindre bruit

Toujours côté « extrême », il est possible de rouler avec la chaine croisée sans constater le moindre bruit. Et justement, les talus, les bosses courtes prises avec de l’élan peuvent aisément s’absorber sans débrancher, sur le 53×27 et même sur le 30. Tout passe à la perfection.

Même après 4 000 kilomètres, la chaine n’a pas bougé et il y a fort à parier que nous aurions pu, même dans des conditions difficiles, poursuivre d’environ 2 000 km sans la changer. Mais pour le test, nous avons préféré poursuivre avec une chaine neuve. Toutefois, les dents du pédalier ont montré quelques signes d’usure. Rien à signaler en revanche du côté de la cassette.

Les étriers de frein ont le même mordant que leurs aînés des groupes supérieurs. Ils remplissent largement leur rôle, à la fois sur des jantes en alu que sur des jantes carbone (avec les patins adéquats).

Même après 4 000 kilomètres,
la chaine n’a pas bougé

 

Pour qui ?

Le groupe 105 a souvent attiré a curiosité pour son tarif accessible, rarement pour son look ou ses performances. Pourtant, cette nouvelle mouture pourrait faire changer d’avis de nombreux utilisateurs. Le design n’a pas grand chose à envier aux Dura-Ace et Ultegra. Quant au tarif, il reste très bien placé. Au jeu des promotions, il est souvent possible de trouver plus interessant que le prix public conseillé. Le 105 est avant tout monté sur des vélos de série, mais grâce aux qualités citées plus haut, il pourrait être aussi un choix de montage à la carte.

Reste donc le poids, toujours une question centrale au moment d’équiper un vélo, mais de ce côté-là, nous pourrions vous conseiller d’éliminer simplement le pédalier et de gagner ainsi « facilement » 150 g (moyennant quelques euros supplémentaires). Mais est-ce le plus important pour le groupe 105 ? De plus, il est toujours possible d’investir dans un capteur de puissance par la suite. Ce qui a été notre cas et nous a permis de gagner quelques dizaines de grammes, sans rien occulter des performances du vélo (et du coureur !).

Et enfin la longévité. L’utilisation de matériaux moins précieux altère un peu la durée de vie de certains composants. Ces 5 000 km de test nous ont confirmé que ce nouveau 105 peut convenir à de gros avaleurs de bitume.

Fiable, économique et épuré, le nouveau 105 s’affiche donc comme un groupe de référence. Il ne montrerait ses limites que pour une utilisation très intensive et en compétition à haut niveau. Exit donc les très bons coureurs amateurs à plus de 25 000 km par an. Mais pour les autres, il peut-être le compagnon de jeu idéal pour une saison…économique et sans pépins.

 

Poids total vérifié pour notre version d’essai : 2 670 g. Dérailleur arrière à grande chape : 228 g. Dérailleur avant : 97 g. Etrier avant : 187 g. Etrier arrière : 190 g. Chaine : 300 g. Cassette 11-30 : 300 g. Manettes droite : 490 g. Boitier BSA : 90 g. Pédalier : 580 + 208 g

Combinaisons pour la cassette : 11-28, 11-30, 11-32, 12-25 et 11-34.

Pédalier : 50×34, 52×36 et 53×39 et cinq longueurs de manivelles de 160 à 175 mm.

Dérailleur arrière : 2 tailles de chape

Freins Direct Mount disponibles.

Les + : Précision des changements de vitesse, silencieux, puissance de freinage, pas de jeu constaté après 4000 km.

Les – : Poids, ressorts proéminents sur les manettes, leviers des étriers de freins difficiles à manipuler, pédalier encore assez lourd (dents usées après 4000 km).

Disponible en deux couleurs, noir et satiné argent.

Prix du groupe (sans pédales à 109,99 €) : 661,99 €

Prix du groupe version disques : 964,99 €

–> VOIR AUSSI : Tous nos articles matos. 

Sylvain Pigeau

Sylvain Pigeau

37 ans Journaliste professionnel depuis 2003 en presse sportive spécialisée et en presse quotidienne régionale - Ancien cycliste de série nationale. Triathlète depuis 2010. Strava : Sylvain PIGEAU

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