Reconnaissance de l’Etape du Tour 2019

Pour la cinquième année consécutive, l’Étape du Tour cyclo 2019 se déroulera dans les Alpes, le 21 juillet prochain. Les concurrents partiront d’Albertville pour rejoindre la station de Val Thorens, au terme d’une montée de près de 40 kilomètres. Une épreuve courte, avec 132 km au compteur, mais avec un dénivelé positif conséquent de 4500 m. David Polveroni, l’un des meilleurs cyclosportifs français, l’a reconnue en exclusivité pour les lecteurs de 3bikes.fr.

Par David Polveroni et la rédaction – Photos : Gregory Gaude / ASO

Juste avant que le manteau neigeux ne recouvre les pentes du Cormet de Roselend (1968 m), David Polveroni a pu reconnaitre l’intégralité de la prochaine Étape du Tour entre Albertville et la station de Val Thorens, le 15 novembre 2018. Bien que située très haut en altitude (2365 m), son accès est en revanche ouvert toute l’année. « Le départ s’effectue sur l’avenue des 16e Jeux olympiques d’Albertville, à 446 m d’altitude, commence David Polveroni. Très vite, le parcours emprunte quelques pourcentages qui devraient fortement étirer le peloton pour rejoindre Beaufort (712 m, au 20e kilomètre). Cette portion risque d’être nerveuse. Pas de quoi faire une vraie sélection parmi les meilleurs, mais c’est une approche moins roulante que par le passé. À Beaufort, de bons portes bidons sont nécessaires pour traverser la ville, avec ses courts passages pavés qui font trembler sur le vélo. Puis, nous attaquons le Cormet de Roselend qui marque le début des hostilités de cette épreuve, avec un sommet atteint au 41e kilomètre. »

Ce premier col présente une longueur de 20,3 km, avec une pente moyenne de 6,04 % et une pente maximale de 9,6 %. Rien d’inabordable pour un cycliste entrainé, mais il faut tenir compte de la longueur de la montée. « Nous avons une première portion roulante et sans trop de pourcentage, reprend David Polveroni. Nous rentrons progressivement au coeur de l’ascension en longeant le Doron, 3,5 km avant de rentrer dans le vif du sujet à Beaubois. La pente est régulière, autour de 7,5 / 8 % jusqu’au col du Méraillet à 1630 m d’altitude, qui marque une première étape dans la montée.

Nous grimpons déjà depuis 10 km. Au cours de ma reconnaissance, je note que le bitume est correct. Rien a signaler de ce côté-là, il ne devrait pas y avoir de passage en gravier pour 2019. Nous avons ensuite un cours replat pour admirer le Lac de Roselend et son barrage. C’est l’un des plus beaux panoramas des Alpes.

« Cette étape nous offre un décor de haute montagne grandiose tout au long du parcours. »

Cette étape nous offre un décor de haute montagne grandiose tout au long du parcours. C’est ici l’un des points les plus remarquables. Tout comme d’un point de vue stratégique, selon moi, car il faudra bien s’économiser jusqu’ici, puisque c’est encore long… très longUne petite descente permet de reprendre de la vitesse. C’est court mais ça fait du bien, et c’est reparti pour les 5 derniers kilomètres jusqu’au col. Encore une fois, on évolue ici dans un cadre magnifique. Le pourcentage de ces 5 derniers kilomètres n’est toujours pas excessif mais régulier à 6 /8 % mais les kilomètres de montée s’accumulent et on approche des 2000 m (sommet à 1968 m). »

Descente sinueuse

« Nous abordons la longue descente sur Bourg-Saint-Maurice (812 m), 20 km d’abord avec une première portion rapide et 2/3 virages en S pour arriver jusqu’au Cret-Bettex après 10 km. Puis une seconde, plus sinueuse et plus étroite avant vraiment de plonger sur Bourg. Très peu de pièges dans cette descente mais tout peut arriver, comme par exemple la chute de Mathias Franck sur le TDF 2018. Première phase de répit après ça ? Non pas du tout. C’est la particularité de cette étape. Tout s’enchaine. Mais on a quand même juste après Bourg-Saint-Maurice quelques kilomètres qui sont cruciaux. Il faut bien boire et se ravitailler. On a très précisément 13,5 km entre le pied de la descente du Cormet et le début de la montée de Notre-Dame-du-Pré. Mais pas de plat, des petits faux plats montants et des descentes. Assez casse-pattes.« 

Montée inédite

« On attaque cette montée du Pré (1311 m), après une descente en ligne droite et l’on prend à gauche. Sans transition. Comme à l’image de cette Étape du Tour, c’est une montée régulière de 5,5 km à 7 %. Il ne faut pas vraiment négliger cette bosse, qui est un véritable col, petit par rapport aux deux autres géants de l’épreuve, mais qui peut faire mal. Après ces 5 km, la montée n’est pas terminée puisqu’il reste encore 5 km très roulants jusqu’au dernier, qui vous rappelle qu’on est sur l’Étape du Tour. 

Je pense que cette portion de faux plat est le bon endroit pour se ravitailler. En effet passé, le col du Tra (l’autre appellation de cette montée) et le village de Notre-Dame-du-Pré, on aborde une descente très technique. Une succession de virages en épingle (une petite trentaine en 10 bornes), le tout sur une chaussée en mauvais état au moment de la reconnaissance. Le décor est planté. Pas trop le temps à ce moment-là pour mettre la main à la poche. Par contre il faut rester vigilant. Ce n’est pas une descente où l’on prend de la vitesse. Les courbes s’enchainent. On arrive à Saint-Marcel, avec une très courte montée de 700 m mais qui fait bien mal aux jambes, pour nous permettre de reprendre la grande nationale jusque Moutiers. Nouvelle rare portion de répit avant l’ogre du jour.« 

 

Une dernière montée interminable

Val Thorens, plus haute station française, s’aborde par une montée de 36 km, 1860 m de dénivelé, un pourcentage moyen de 5,17 % et  une pente maximale à 9,1 %. « La montée de Val Thorens : le Tour n’y est plus venu depuis 1994, remarque David Polveroni, mais on monte ici par la petite route de Saint-Laurent, et non la route principale. Cette montée est irrégulière, on alterne de courts passages à 10 % même si la pente reste plutôt aux alentours de 6 / 7. Mais les cartouches utilisées en début d’épreuve feront la différence petit à petit. Après 12 km de montée, une courte descente et on reprend la route principale. 112 km au compteur, 3200 m de dénivelé, un très gros ratio… Il en reste encore 1200.

« 112 km au compteur, 3200 m de dénivelé, un très gros ratio… Il en reste encore 1200. »

J’insiste, mais cette montée est très longue et usante, et il est difficile de trouver son rythme. On est sur une large route, ce qui renforce l’impression de ne pas avancer si on n’a plus de jusLa différence se fera ici selon moi entre ceux qui auront présumé de leurs forces et ceux qui auront su gérer leurs efforts. 

Nous traversons les Menuires (1850 m), une station qui me rappelle mes débuts en cyclo lors de la Bourgui. Encore une petite descente (pour vous faire du bien ou pour casser le rythme, c’est selon) et c’est parti pour cette fois les 7 derniers kilomètres. Des pourcentages modestes à 6 / 7 %. On ne reste pas planté même si on est cuit. Mais l’addition est salée à la fin car c’est long. Un petit tour dans la station et la délivrance est là au terme de 132 km et 4450 m, vérifiés pour celles et ceux qui pensaient le dénivelé surestimé. »

Une Étape du Tour difficile

Cette étape du tour, sur le papier ne fait « que » 130 km. Oui mais. Il y a près de 4500 m de dénivelé.

Pour comparer à une Marmotte, on à 174 km et 4900 m. L’arrivée se fait après une montée de près 40 bornes, et les 6 derniers kilomètres sont à plus de 2000 m d’altitude. Bref cette Étape n’est pas une Étape au rabais comme j’ai pu l’entendre, ni par sa difficulté, ni par ses paysages qui sont vraiment grandioses. La montée de Val Thorens est tout simplement sublime. Et ce jour là il n’y aura que des vélos. Alors entrainez vous bien !« 

Infos pratiques
 

-> Voir aussi : Lien Strava de la sortie
-> Horaires, transports : letapedutour.com
Gares SNCF : 

  • Gare d’Albertville, 2, place de la gare, 73200 Albertville
  • Gare de Moutiers, Rue Greyffié de Bellecombe, 73600 Moutiers

Braquets conseillés :

  • Coureurs : 39×28
  • Cyclosportifs : 36×30
  • Occasionnels : 34×32

-> Voir aussi : Tous nos articles Voyages

 

Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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