Comment choisir un home-trainer ?

Avec sa météo maussade et ses journées raccourcies, l’hiver est difficile pour le cycliste ou le triathlète qui souhaite s’entrainer sérieusement. Souvent, il ne reste que la solution du home-trainer pour optimiser le temps passé à l’entraînement. Mais parmi tous les appareils du marché, quel type d’appareil choisir ?

Par Guillaume Judas – Photos : Tacx / 3bikes.fr

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La pratique du home-trainer se justifie d’abord à cause de la météo et des journées plus courtes en hiver, qui limitent sérieusement les séances en soirée ou tôt le matin pour ceux qui ont une activité professionnelle classique. Installé à la maison, et avec votre propre vélo, le home-trainer nécessite un équipement vestimentaire très léger et évite l’entretien fastidieux du matériel après une séance. Vous pouvez même rouler à n’importe quelle heure. Et surtout, ce type de séance, si elle est bien conduite, optimise le temps passé à s’entraîner. Que des avantages a priori, à la condition de ne pas trop attendre d’une préparation exclusivement axée sur cette pratique, et de disposer d’un appareil moderne, qui procure des sensations de pédalage réalistes. Il faut aussi s’armer d’une grosse motivation pour multiplier les séances sans voir défiler le paysage.

Notre conseil : utilisez le home-trainer à bon escient, à une fréquence raisonnable (disons deux fois par semaine), et en ciblant le contenu de vos séances. Votre envie de pédaler à l’air libre n’en sera que décuplée au printemps.

Des rouleaux jusqu’à l’appareil connecté

Derrière l’appellation home-trainer, se cachent en fait plusieurs types d’appareils. Oubliez les simples rouleaux sans résistance, aujourd’hui largement supplantés par des home-trainers à résistance avec freinage électrique, à moteur ou hydraulique. Ils sont accouplés ou non à un logiciel d’entraînement, un logiciel de réalité virtuelle ou de real life video. On peut distinguer trois catégories : les appareils à résistance avec logiciel, les simples appareils à résistance et les rouleaux.

Avec les premiers, on peut tout faire. Reliés à un ordinateur, ils permettent de suivre un plan d’entraînement, d’enregistrer toutes les données d’exercice et de refaire des parcours sur vidéo. Participer à des courses virtuelles via Internet est aussi faisable. C’est amusant un moment, mais pas forcément constructif. Avec les seconds, on s’entraîne sans ordinateur, mais avec un compteur dédié, parfois sans fil, et relié à une unité de résistance avec des programmes d’entraînement standards ou personnalisés. Ils sont suffisants pour les exemples de séances que nous vous donnons plus loin. Enfin, les rouleaux font travailler la technique ou la cadence de pédalage, mais des appareils avancés disposent aussi d’une unité de résistance magnétique et d’un écran de commande.

Le point de vue de l’entraineur : « La pratique du home-trainer est un ersatz de l’entrainement sur route.« 

Antoine Vayer nous donne son avis sur la pratique du home-trainer, qu’il qualifie de « méthode de remplacement en cas de manque de temps ou s’il fait trop froid, mais qui ne peut se substituer totalement à la pratique du vélo sur route. Le cyclisme sur route est un sport d’endurance, et il serait illusoire d’espérer se préparer à une épreuve longue uniquement avec des séances courtes réalisées à l’intérieur. Ensuite, la puissance produite sur home-trainer est différente de celle de la route. Il n’y a pas les mêmes frottements ou résistance à l’avancement. La puissance sur home-trainer, qu’elle soit mesurée par le biais d’un capteur de puissance sur le vélo ou par l’appareil lui-même, ne peut être comparée qu’à la puissance sur home-trainer. Si vous tenez à définir un point de comparaison, il faudrait réaliser un test avec une fréquence cardiaque stable sur route et sur home-trainer, et essayer d’en ressortir un écart type. Cependant, le home-trainer est très intéressant comme outil d’échauffement, et surtout pour la récupération active, soit après un entrainement ou une course difficile, soit le lendemain. »

Comment choisir ?

Il y a plusieurs éléments à prendre en compte, comme la stabilité du système, la facilité d’installation, le bruit et la compatibilité avec certains cadres de vélo. Mais il y a aussi une question de niveau de résistance (pour les séances les plus sévères) et de sensations plus ou moins proches de la réalité. Avec par exemple une résistance qui donne un pédalage saccadé pour les appareils de premiers prix. Car le prix est évidemment une donnée essentielle à prendre en compte, depuis une centaine d’euros pour les premiers appareils, jusqu’à près de 1500 € pour les plus évolués.

L’investissement à consentir dépendra du temps que vous voulez ou devez y consacrer, et de votre motivation. Pour quelques séances de récupération au cours de la saison, un appareil très simple peut suffire, surtout que vous pourrez le conserver plusieurs années. Pour les home-trainer les plus évolués, il faut rajouter au prix d’achat l’abonnement mensuel à l’application qui vous permettra de rouler connecté, soit avec des vidéos, soit en suivant des plans d’entrainement personnalisés, soit enfin en vous confrontant à d’autres utilisateurs partout dans le monde. Un home-trainer classique dispose d’un frein qui procure une résistance à un rouleau en plastique frottant contre la roue arrière. Les modèles les plus évolués sont conçus autour d’un châssis sur lequel on dispose le vélo sans sa roue arrière. On les appelle les home-trainer à entrainement direct, et ils fluidifient sérieusement les sensations. La résistance maximale d’un home-trainer dépend du type de frein (électrique, à moteur, hydraulique).

Les appareils les plus chers peuvent fournir jusqu’à 2500 watts de résistance, quand des modèles plus simples se limitent à 500 watts. En termes de nuisances sonores, un bourdonnement très net peut vous envahir et gêner les voisins ou les autres habitants de la maison. Avec leur résistance hydraulique, des modèles très évolués règlent le problème. Enfin, les rouleaux sont les plus simples à installer et intéressants en termes d’entraînement spécifique. Ils nécessitent une certaine habilité (au début), obligent à une certaine concentration pour garder l’équilibre, et permettent de travailler la souplesse au niveau des hanches et des fessiers pour diriger le vélo. Comme sur la route. Mais pour qu’ils offrent une large étendue de possibilités, mieux vaut les choisir avec un réglage de la résistance, qu’ils soient connectés ou non.

Témoignage : Anthony Le Clainche, trois mois de préparation sur home-trainer.

Anthony Le Clainche vient de boucler sa saison de cyclo-cross avec une quatrième place au championnat régional en catégorie Départemental. Tout en ne courant qu’un week end sur deux pour des raisons familiales, il n’a pu baser sa préparation qu’exclusivement sur home-trainer : « J’ai commencé à suivre un programme d’entrainement à la mi-septembre, uniquement sur home-trainer. Je n’ai jamais pu rouler sur route durant toute cette période, et je me suis entrainé trois à quatre fois par semaine, le soir entre 20 et 22 h, sur des séances de 30 à 90 minutes. Je me suis équipé d’un appareil connecté, qui offre des sensations très proches de la route, et qui surtout m’a permis de suivre des parcours en vidéo. J’ai ainsi pu éviter l’ennui. Je n’aurais pas pu suivre un tel programme en utilisant un appareil basique. Et si la plupart de mes séances étaient difficiles, j’avais de bonnes jambes le jour de mon objectif. Le bilan est donc plutôt positif. »

Les applications pour appareils connectés

Bkool, Zwift, ou MyeTraining par exemple sont des applications qui permettent de relier le home-trainer connecté à l’ordinateur ou à la tablette. Vous voyez ainsi à l’écran des données telles que la vitesse virtuelle, la puissance fournie, la cadence de pédalage, et éventuellement la fréquence cardiaque. En fonction du programme de l’application, la résistance du home-trainer varie, le tout étant relié sans fil. Vous pouvez ainsi simuler des parcours, importer des traces GPS et reproduire une séance effectuée à l’extérieur, ou suivre un circuit en vidéo. Monter l’Alpe d’Huez un soir de janvier dans son salon, c’est possible ! Vous pouvez aussi suivre un programme avec des données de puissance, ou avec une pente simulée. Enfin, Zwift est l’application la plus célèbre, avec des parcours limités mais la possibilité de courir en réseau contre d’autres utilisateurs. Attention, car toutes ces applications plus ou moins ludiques nécessitent un abonnement mensuel. À vous de savoir de quelle manière vous envisagez la pratique du home-trainer pour remplir vos longues soirées d’hiver et en attendant le printemps.

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Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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