Pourquoi faut-il éviter de croiser la chaîne ?

Dans les pelotons, les groupes d’entraînement ou dans la bouche des plus expérimentés, on entend souvent dire qu’il faut éviter de croiser la chaîne. Pourquoi ne faudrait-il pas rouler petit plateau / petit pignon et inversement grand plateau / grand pignon ? Voici quelques éléments de réponse.

Par Pierre-Maxime BRANCHE – Photos : @3bikes.fr

Avant tout, sachez qu’il n’est absolument pas interdit de croiser votre chaîne, sur le petit comme sur le gros plateau. Cela ne vous empêchera pas d’avancer et vous ne prendrez aucun risque particulier. En revanche, l’usure et le fonctionnement de votre transmission en seront affectés, de même que votre porte-monnaie. Explications.

Une usure prématurée

Quand vous croisez votre chaîne, vous faites travailler les pignons en travers plutôt qu’en ligne. Or, une chaîne n’est pas optimisée pour travailler de manière latérale. Certes, les chaînes les plus récentes sont suffisamment souples pour que vous ne perdiez pas trop de rendement par frottements en roulant avec grand plateau / grand pignon, mais ce n’est pas idéal en termes d’usure. Quand les maillons sont positionnés en travers, ils attaquent les pignons de la cassette et des plateaux en latéral. Ils les aiguisent, c’est-à-dire que le bout du pignon devient pointu, ce qui le fragilise et engendre une usure prématurée qui n’apparaîtrait pas aussi tôt si l’angle d’attaque était resté droit, en ligne. Cette usure des pignons a d’autres conséquences : elle augmente les risques de saut de chaîne. Croiser votre chaîne sur le petit pignon ou sur le grand pignon a les mêmes conséquences. La seule différence est qu’il y a plus de risques de saut de chaîne sur un petit pignon que sur un grand ; d’autre part, l’usure affecte par voie de conséquence la chaîne et les plateaux. On peut même parler des risques de casse de chaîne car une usure prématurée est une usure anormale.

Il y a plus de risques de saut de chaîne sur un petit pignon que sur un grand.

C’est forcément encore moins conseillé avec un triple plateau (devenu très rare) car lorsque vous positionnez la chaîne sur le plus petit plateau à gauche et sur le plus petit pignon à droite, elle sera dans une position encore plus croisée. Rouler chaîne croisée doit donc rester un pédalage ponctuel, d’autant plus que cela n’a pas grand intérêt du fait des équivalences de braquet grâce aux différents plateaux et pignons de la cassette, qui permettent justement de ne pas croiser la chaîne et d’avoir des étagements de braquets plus réguliers.

Plus de pression en montagne

Une fois que la chaîne est usée, même prématurément, il devient nécessaire de la changer. Une chaîne est usée lorsque, posée à terre, elle forme un arc de cercle. On peut alors se rendre compte de l’allongement en latéral. Autre astuce : lorsque la chaîne est sur le grand plateau, il suffit de tirer légèrement sur un maillon au niveau du plateau. Si elle se décolle de plus de 5 mm environ, il est alors temps de la changer. C’est la technique la plus simple pour s’en rendre compte. En général, une chaîne peut parcourir autour de 5 000 km avec une bonne utilisation en ligne. C’est une moyenne, dans des conditions normales, c’est-à-dire sur des parcours plutôt plats et avec un temps assez sec. Forcément, des conditions extrêmes, comme de la boue par exemple, usent le matériel beaucoup plus vite. Même chose pour la montagne : dans les cols, la pression exercée sur la chaîne est beaucoup plus forte donc elle s’abimera plus vite qu’en plaine.

Chaîne croisée grand plateau / grand pignon

Comment entretenir sa chaîne ?

L’important est d’entretenir régulièrement votre chaîne avec une lubrification légère (mais régulière !) car il ne faut pas qu’elle devienne trop grasse non plus. Si c’est le cas, elle deviendra  »adhésive », c’est-à-dire que les poussières auront tendance à s’accrocher dessus pour former une sorte de pâte à roder qui sera abrasive et abimera très vite l’ensemble de la transmission. Quand les conditions sont bonnes et sèches, il n’est pas utile de le faire systématiquement. Si vous roulez sous un temps humide, comme en hiver par exemple, mieux vaut prendre de bonnes habitudes. Sinon, c’est prendre le risque d’abimer très vite votre matériel et de devoir puiser dans votre porte-monnaie. Et si en plus vous roulez croisé, l’addition peut vite être salée.

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Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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