Comment avoir moins froid aux mains et aux pieds ?

Lors des entraînements hivernaux, les pieds, les mains et la tête sont en première ligne face au froid. Malgré les différentes couches et matières textiles, les extrémités perdent très vite toute sensation jusqu’à en devenir douloureuses. Alors pourquoi souffre-t-on d’abord des extrémités ?

Par Pierre-Maxime BRANCHE – Photos : @3bikes.fr

Les extrémités gèlent en premier en raison du phénomène de déperdition thermique. Durant une activité, mais aussi au repos, le corps produit de la chaleur par le métabolisme. Tant que l’on est vivant, nous produisons de la chaleur. Comme le corps perd également naturellement de la chaleur, il faut limiter ces pertes de façon à se maintenir en situation confortable. L’idéal vers lequel le sportif doit tendre de façon naturelle pendant son activité, c’est une situation d’équilibre, où il y a autant de perte que de gain de chaleur. Dès que cet équilibre est rompu, par exemple lorsque l’on produit plus de chaleur que l’on en évacue, des phénomènes automatiques tels que la transpiration se déclenchent : lors d’un effort conséquent, l’ensemble du corps s’échauffe. Pour que ces calories s’en aillent, la transpiration amène de l’eau en surface de la peau et, en s’évaporant, celle-ci va réduire la température du corps. Ces mécanismes sont automatiques, on ne peut pas les commander, c’est-à-dire qu’on ne décide pas de transpirer ou de ne pas transpirer.

Les organes vitaux plutôt que les extrémités

Pour contrer le froid, le phénomène qui se développe automatiquement est la vasoconstriction. C’est-à-dire que le corps dispose de capteurs sur toute sa surface. S’il voit que sa température baisse et qu’en même temps, sa production de chaleur est insuffisante par rapport aux pertes, il va schématiquement fermer les robinets, comme dans un circuit de chauffage central, en commençant par les robinets des extrémités. C’est toujours par les extrémités que l’on va sentir le froid arriver, parce que la vasoconstriction resserre les tuyaux de circulation, c’est-à-dire les artères et les veines, ce qui implique un moindre débit sanguin vers les extrémités. Qui dit moins de débit sanguin, dit moins d’apport de chaleur, donc les extrémités se refroidissent, ce qui devient vite désagréable, pénible voire même douloureux, parce que l’on perd des sensations. C’est une réaction automatique pour favoriser la survie de l’organisme : de lui-même, le corps privilégie la température du tronc, de l’abdomen, des zones et organes vitaux au détriment des extrémités. En gros, il est prêt à sacrifier une main, un pied pour la survie du reste. Voilà pourquoi les extrémités sont en première ligne.

Un bonnet pour avoir chaud aux pieds

Le seul endroit où il n’y a pas de vasoconstriction est la tête. Le tronc et la tête sont toujours connectés, c’est pour cela que l’on n’a généralement pas froid à la tête, ou sinon c’est que le mal commence à être important. Très souvent, on ressent d’abord le besoin de mettre des gants avant de mettre un bonnet. Néanmoins, il est important de savoir que même si la tête est très vascularisée et non soumise à la vasoconstriction, des capteurs du ressenti du froid se trouvent au niveau du cerveau et ce sont eux qui vont piloter l’ouverture ou la fermeture des vannes de la circulation sanguine. Il est donc important de garder la tête au chaud, c’est-à-dire la couvrir tout en facilitant la respiration. Le principe est assez simple : si on garde de la chaleur au niveau de la tête, le cerveau réagira en se disant qu’il est dans une situation confortable et il laissera ainsi les vannes ouvertes. À l’inverse, si votre tête à froid, le cerveau fermera ces mêmes vannes pour privilégier les organes vitaux et diminuera la circulation sanguine vers les extrémités. C’est un principe simple qui fut expliqué par Jean-Louis Etienne, médecin scientifique explorateur français, avec ces mots : « Si tu veux avoir chaud aux pieds, mets un bonnet ». Autrement dit, en couvrant la tête, la nuque et le cou, surtout pour des gens qui n’ont pas beaucoup de cheveux, cela favorise la circulation et protège les extrémités. C’est valable pour n’importe quelle activité, mais notamment en cyclisme où l’effet de vitesse peut très vite rompre l’équilibre thermique.

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Guillaume Judas

Guillaume Judas

- 48 ans. - Journaliste professionnel depuis 1992 - Coach / Accompagnement de la performance - Ancien coureur Elite - Pratiques sportives actuelles : route & allroad (un peu). - Strava : Guillaume Judas

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